Débat : les chefs évoquent les Autochtones sur des questions de ressources et de sécurité
Le développement des ressources minières et énergétiques du Canada a occupé une bonne part des échanges lors du débat des chefs en anglais, jeudi soir. Ce n’est que lors des discussions sur ce sujet – et les questions de sécurité – que les aspirants premiers ministres ont évoqué les Autochtones. Marc Carney, Pierre Poilievre, Jagmeet Singh et Yves-François Blanchet se sont entendus sur un certain nombre de points durant cette dernière joute avant le scrutin, dont l’importance de développer les ressources naturelles du Canada. Comment s’y prendre et quelles ressources prioriser est toutefois une question bien plus contentieuse entre les chefs. L’animateur Steve Paikin a donc interpellé directement le chef libéral : comment réconcilier sa volonté de construire rapidement un corridor énergétique avec l’obligation de consulter et d’obtenir le consentement des peuples autochtones? Le chef du Parti libéral, Mark Carney, répond à une question lors du débat en anglais. Photo : Reuters / Christopher Katsarov Il a par la suite réitéré sa promesse de doubler le programme de garantie de prêts pour les Autochtones. Ce programme, annoncé dans le budget 2024, passerait donc de 5 milliards de dollars à 10 milliards de dollars. En mars, M. Carney avait également indiqué que ce programme ne serait plus limité aux projets d’énergie et de ressources naturelles, s’il est élu. Dans le même ordre d’idée, Jagmeet Singh a lui aussi fait valoir qu’il Pierre Poilievre, lui, n’a pas été interpellé là-dessus jeudi, contrairement au débat en français de mercredi. Quand Patrice Roy lui a posé sensiblement la même question, il a rétorqué qu’il fallait se ranger du côté de la majorité quand des projets énergétiques ne font pas consensus. Le thème de la sécurité publique a également été l'occasion pour les enjeux autochtones de faire une rare apparition. D’abord, l’animateur Steve Paikin a porté à l’attention du chef conservateur Pierre Poilievre la surreprésentation des personnes autochtones dans le système carcéral au pays, alors que le chef conservateur propose des politiques Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, répond à une question lors du débat en anglais. Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov M. Poilievre a cité en exemple Il faisait sans doute référence à Myles Sanderson, le suspect qui a poignardé à mort 11 personnes dans la Nation crie James Smith et dans le village de Weldon, en 2022. Myles Sanderson avait à son actif 59 condamnations pour divers crimes violents. Steve Paikin a aussi pressé M. Singh pour qu'il précise ses intentions quant à la réforme de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qu'il propose. Le chef néo-démocrate a expliqué qu’ Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, répond à une question pendant le débat en anglais. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld Des agents de la GRC étaient impliqués dans 10 des 19 interventions ayant mené à la mort d'une personne autochtone en 2024, selon les données compilées par Espaces autochtones. Devant ce nombre important d'interactions fatales, l'Assemblée des Premières Nations avait réclamé en décembre une enquête nationale sur le racisme dans les corps policiers. Le chef du NPD a aussi souligné l’importance pour les communautés de se doter de leur propre service de police. Les corps policiers autochtones ne sont pas reconnus comme essentiels, ce qui signifie qu'ils n'ont pas de financement pérenne et stable. Justin Trudeau avait promis que son gouvernement présenterait une nouvelle loi sur la police des Premières Nations, mais aucun projet de loi en ce sens n'a été adopté.
Une partie de ce processus, c’est de s’assurer que les Premières Nations et les Autochtones embarquent dès le départ et puissent participer directement dans ces projets
, a souligné le chef libéral en spécifiant qu’il faut bien cibler les projets les plus porteurs pour consulter avec un but
.faut s’assurer de travailler en partenariat avec les peuples autochtones
lorsque le modérateur l’a questionné sur sa volonté d’exploiter les minéraux critiques. Steve Paikin a ensuite lancé la même question à Yves-François Blanchet, qui s’est lui aussi dit favorable, mais il faut que ce soit bien fait
, a précisé le chef bloquiste.Incarcérations et relations avec la GRC
dures contre le crime
.Ne craignez-vous pas que votre plateforme de lutte contre la criminalité n'aggrave la situation [pour les personnes autochtones]?
lui a demandé M. Paikin. Les Autochtones représentaient 23 % des prisonniers en 2013, mais la proportion a bondi à 32 % en 2023, selon l'enquêteur correctionnel du Canada. La situation est pire chez les femmes : la moitié des détenues étaient des femmes autochtones dans ce bilan.
Je suis préoccupé par le fait que les Autochtones sont victimes de crimes de manière disproportionnée
, a répondu le chef conservateur, recentrant la discussion sur les criminels qui récidivent malgré des condamnations antérieures.un merveilleux groupe d'Autochtones
en Saskatchewan, dont plusieurs ont été tués par un individu qui avait 60 condamnations antérieures
, toujours selon le chef conservateur, qui n'a pas apporté davantage de précisions.il y a eu de graves préoccupations concernant la violence ou l'usage inapproprié de la force [par les agents] dans l'exercice de leurs fonctions
, tout en affirmant l’importance d’une force de police de premier plan qui assure [la] sécurité [dans les communautés] en faisant preuve de sensibilité et de compréhension
.
Il s'agit d'un sujet très préoccupant. Je pense que tout le monde dans notre pays devrait se sentir en sécurité
, a-t-il ajouté.
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